Règles des Échecs pour le Roque

Règles des Échecs pour le Roque

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Le roque est une règle spéciale qui ne s'applique qu'au Roi et à la Tour. Le roque vous permet de faire deux choses importantes :

  • mettre votre Roi en sécurité
  • Déplacer votre Tour hors du coin et au milieu du jeu

Vous pouvez déplacer le Roi de deux cases d'un côté, puis déplacer la Tour juste à côté du Roi du côté opposé. Cependant, pour pouvoir roquer, les règles suivantes doivent être remplies :

  • Pour la Tour, il doit s'agir du premier déplacement.
  • Pour le Roi, il doit s'agir du premier coup.
  • Le chemin entre le Roi et la Tour doit être libre (aucune pièce ne peut les bloquer).
  • Le Roi ne peut pas être mis en échec, ou ne doit pas l'avoir passé

Si vous jouez le roque dans une direction, le Roi se rapprochera du côté de l'échiquier. Cela s'appelle un "roque du côté du roi". Si vous roquez de l'autre côté, là où se trouve la Reine, cela s'appelle un "roque du côté de la reine". Quel que soit le côté qu'il prend, le Roi ne se déplace que de deux cases lorsqu'il roque.

Position montrant le roi blanc roquant côté reine et le roi noir roquant côté Roi.

Une fois que le Roi a bougé, la Tour saute par-dessus lui et atterrit à côté de lui pour terminer le roque.

Gardez toujours à l'esprit ces cinq règles. Vous ne pouvez pas roquer si :

  • Vous avez déjà déplacé votre Roi ou la Tour concernée.
  • Vous êtes en échec.
  • Vous devez déplacer votre Roi en échec lorsque vous roquez.
  • Vous devez traverser l'échec lorsque vous roquez.
  • Vous avez des pièces entre le Roi et la Tour concernée.

Stratégie du roque :

Dans la phase d'ouverture d'une partie, ce coup est important. Il sert deux objectifs importants :

  • Il déplace le Roi dans une position plus sûre, loin du milieu de l'échiquier.
  • Il déplace la Tour vers une position "active" au centre. Avec ce coup, il est possible de mettre le Roi de l'adversaire en "échec et mat".

Il est généralement préférable d'opter pour le roque du côté du Roi, car il maintient le Roi à une distance plus sûre. Le Roi reste plus près du bord de l'échiquier, et tous les autres pions se placent plus près du Roi, en file, pour le protéger des attaques.

En revanche, lors du roque de la Dame, le Roi est placé plus près du centre de l'échiquier et les pions de la "file a" (première rangée) ne sont pas défendus. En raison de ce déplacement, le Roi est souvent déplacé sur la "colonne b", afin qu'il puisse défendre le "pion a".

Échiquier en Bois d'Acajou

Pendant tout ce processus, le Roi s'éloigne du centre de l'échiquier, et le risque d'attaques augmente. De plus, le coup du roque avec la Reine nécessitera qu'elle s'éloigne également. Il faudra plus de temps pour réaliser le roque du côté Roi.

D'un autre côté, le roque côté Dame présente également des avantages. Il place efficacement la Tour sur la "colonne d" centrale de l'échiquier. Aux échecs, il est plus fréquent que les deux joueurs optent pour le roque côté Roi plutôt que pour le roque côté Dame. Cependant, dans de rares cas, si un joueur opte pour le roque du côté Roi et l'autre pour le roque du côté Dame, on parle de "roque opposé" ou de "roque du côté opposé".

STRATÉGIE DU ROQUE

Cette stratégie de roque se termine généralement par un combat acharné entre les deux joueurs, car les pions des deux joueurs sont libres d'avancer et d'attaquer le Roi de l'adversaire. La variation du Dragon, la défense sicilienne et l'attaque yougoslave sont des exemples de ces mouvements.

Château opposé : Dragon sicilien contre attaque yougoslave :

Position de départ de l'attaque yougoslave

Dans cette position, les deux joueurs ont accepté de construire des châteaux sur les côtés opposés du plateau. Dans ce genre de partie, vous pouvez vous attendre à une bataille brutale entre les deux. Les Blancs ont l'intention d'ouvrir la colonne h par la manœuvre h2-h4-h5 soutenue par g4 et d'attaquer le Roi noir. Ils essaieront également d'échanger les principaux défenseurs noirs de l'aile Roi, tels que le Cavalier sur f6 et le Fou sur g7, généralement par Nd5 et Bh7 respectivement.

Les Noirs, de leur côté, ont un bon contre-jeu sur l'aile Dame et espèrent jouer des coups comme ...Ra8-c8, ...Ne5-c4, ...b7-b5 et ...Qd8-a5. Dans certaines lignes, les Noirs peuvent choisir d'échanger leur Tour contre le Cavalier en c3 pour perturber l'aile Roi des Blancs et créer des faiblesses.

Prenons un exemple illustratif de cette redoutable ouverture :

Almasi Vs Watson- Bundesliga Allemand 1995

1.e4 c5 2.Nf3 d6 3.d4 cxd4 4.Nxd4 Nf6 5.Nc3 g6 6.Be3 Bg7 7.f3 0-0 8.Qd2 Nc6 9.0-0-0

Les Blancs espèrent gagner du temps pour l'attaque de l'aile droite en retardant ou en omettant le développement du fou en c4. Si les Noirs développent simplement comme d'habitude, ce temps supplémentaire peut être très avantageux pour les Blancs. 9...d5 !? C'est ce que permet le dernier coup des Blancs. Maintenant il y a quelques échanges au centre 10.exd5 Nxd5 11.Nxc6 bxc6 12.Bd4

L'approche positionnelle, offrant l'échange des évêques en carré noir. Les Blancs peuvent gagner un pion ici avec 12.Nxd5 cxd5 13.Qxd5, mais après 13...Qc7 les colonnes ouvertes sur l'aile dame donnent aux Noirs beaucoup de possibilités d'attaque.

Notez que 14.Qxa8 Bf5 ! gagne la reine. Après 15.Qxf8+ Kxf8. les Noirs ont encore une forte attaque.

12...e5 13.Bc5 Be6 ! Une autre offre typique d'un sacrifice d'échange dans le Dragon.

14.Ne4 !

Après 14.Bxf8 Qxf8 la plupart des experts sont d'accord pour dire que les chances d'attaque des Noirs et le contrôle des cases noires font plus que compenser le léger déficit matériel. Notez que les Noirs menacent déjà ...Bh6, clouant la reine blanche au roi. En effet, l'expert du Dragon et Grand Maître Eduard Gufeld a gagné au moins une fois de cette façon !

NOTE : Les sacrifices d'échange sont très courants dans l'attaque yougoslave.

14...Re8 15.g4 h6 16.h4 a5 17.g5 h5 18.a4 Qc7 19.Bc4 Red8 20.Qf2 Qb7 21.g5

Le jeu est plus lent ici que dans les autres parties de la Yougoslavie, car l'aile des rois et l'aile des dames sont partiellement bloquées.

21...Nf4 22.Bxe6 Nxe6 23.Rxd8+ ! Rxd8 24.Bb6 Ra8 25.Rd1 Nd4 26.Bc5 Qd7

L'importance du roque aux échecs :

Les coups d'échecs en général peuvent être considérés d'un point de vue dynamique ou positionnel, selon que nous les considérons comme faisant partie d'une combinaison active ou comme des caractéristiques statiques. Le coup du roque augmente sans aucun doute puissamment le potentiel dynamique d'une position. Un joueur qui a roqué immédiatement obtient toute une gamme de possibilités qu'il n'avait pas auparavant.

  • Il a augmenté l'influence de la tour
  • libéré la case e1 pour une éventuelle attaque sur la colonne e
  • Préparé le terrain pour l'établissement rapide d'une communication entre les tours (en d'autres termes, le dégagement complet de la dernière rangée), ce qui permet aux tours de se couvrir mutuellement ou de se combiner pour attaquer.

D'autre part, le roque est également un mouvement de position, qui apporte un élément particulier de permanence à la position. Car il est unique et irrévocable, il ne peut être effectué qu'une seule fois dans une partie, ce qui signifie que le roi restera en règle générale sur le côté où il a roqué.

Dans certains cas particuliers, il peut se déplacer avec plus ou moins de difficulté depuis la position du roque vers différentes parties de l'échiquier. Le roque n'est donc que relativement irrévocable (contrairement au déplacement d'un pion qui l'est absolument). Mais pour des raisons pratiques, la position du roi après le roque est, au moins jusqu'à l'arrivée de la finale, une caractéristique permanente de la position.

Avant le roque, le roi a trois possibilités d'action :

  • Rester au milieu
  • roquer côté roi ou
  • Le roque du côté de la reine

Une fois qu'il a roqué, il n'a plus le choix. Il dispose alors d'un abri définitif, d'une adresse permanente ; un fait dont l'adversaire tient naturellement compte.

Il est certes plus à l'abri d'une attaque, mais il s'est en même temps engagé positionnellement dans une zone particulière de l'échiquier, de sorte que les avantages incontestables du roque sont compensés par certains avantages.

Le roque artificiel :

Les échecs contiennent le terme "roque artificiel" qui implique qu'un joueur crée une position identique ou similaire à celle atteinte après un véritable roque. Il n'est pas atteint par un seul coup de roque, mais par une série de coups du roi et de la tour.

Voici un exemple illustratif de roque artificiel :

Les Noirs joueraient 1...Nxe4 Le meilleur pour les Blancs serait maintenant 2.Nxe4 d5 3.Bd3 dxe4 4.Bxe4, auquel cas les perspectives resteraient égales. Cependant, avant de prendre le cavalier sur e4, les Blancs ont décidé d'utiliser leur fou pour empêcher leur adversaire de roquer, une idée qui dans cette position est erronée.

2.Bxf7+ Kxf7 3.Nxe4

A première vue, le plan des Blancs semble avoir réussi, puisque, en plus de maintenir l'équilibre matériel, ils ont empêché les Noirs de roquer. Cependant, la suite du jeu montre que les Noirs peuvent effectuer un "roque artificiel" sans difficulté et qu'ils ont fait un gain clair en se retrouvant avec des pions forts au centre.

3...d5 4.Ng3 Rf8 5.d3 Kg8

Maintenant la supériorité de la position des Noirs est assez évidente, et on peut facilement apprécier le rôle joué par le "roque artificiel". Les Noirs ont certes dépensé trois coups pour cela, mais les Blancs n'ont tiré aucun avantage de ce fait, puisqu'ils ont effectué trois coups de valeur encore moindre.

Le bon moment pour roquer :

On conseille souvent aux débutants de roquer aussi vite que possible. C'est un conseil utile et judicieux dans la majorité des cas. Il est certain que les joueurs moins expérimentés enfreignent très souvent ce précepte général, en reportant inutilement le roque et en se retrouvant ainsi dans une situation délicate, où il est bien trop tard pour roquer.

La règle générale qui veut que l'on roque dès que possible est tout à fait correcte, bien qu'il faille tout de suite souligner qu'il y a aussi de nombreuses exceptions à cette règle. Tout joueur d'échecs plus expérimenté connaît bien les situations particulières dans lesquelles il est correct de reporter le roque ou quand il est tout à fait inutile.

Report du roque :

Il y a cinq cas où l'on peut reporter le roque :

D'autres actions sont plus utiles :

  • La position est encore dangereuse pour le roque pour le moment.
  • Le joueur souhaite roquer de l'autre côté et a besoin de temps pour le préparer.
  • Lorsque le centre est bloqué de façon permanente
  • Lorsque la fin de partie n'est déjà plus très loin.

1. Le roque est reporté ou n'est pas effectué du tout, car une autre action est plus utile. Parmi les actions utiles qui permettent de reporter le roque, on peut citer :

  • La capture d'une pièce de l'adversaire
  • La détérioration de la position de l'adversaire
  • Une attaque prévue

Si une telle attaque est suffisamment forte et rentable, l'attaquant ne roque souvent jamais car il est vainqueur en premier.

2. Le roque est remis à plus tard, car pour l'instant il est encore dangereux. Il est préférable de le préparer en éliminant d'abord le danger, par exemple en échangeant les pièces menaçantes de l'adversaire ou par une autre manœuvre.

Voici un exemple des dangers d'un roque trop précoce dans le célèbre Giuoco Piano :

A ce stade, le roque est prématuré et incorrect. Il y a un danger que les Noirs répondent ...g5 et poursuivent avec une attaque de pions contre la position encastrée des Blancs. Ce danger doit être écarté en premier lieu. 7.Nc3 est un pas dans cette direction. Si les Noirs continuent avec 7...0-0 ? 8.Nd5 g5, alors les Blancs peuvent répondre 9.Nxg5 ! Nxd5 10.Qh5 hxg5 11.Bxg5 avec une attaque écrasante.

De plus, si les Noirs répondent à 7.Nc3 par 7...g5 8.Bg3 et ensuite ...Bg4 ou ...h5 !?, la situation est moins dangereuse parce que les Blancs n'ont pas encore roqué et peuvent donc se préparer à roquer sur l'aile reine qui n'est pas menacée.

7...g5 8.Bg3 h5 ! 9.Nxg5 h4 !

Les Noirs ne s'inquiètent pas des conséquences de Nxf7 mais poursuivent leur attaque de manière cohérente. En fait, ils abandonnent leur reine pour le fou sur g3. Ce ne serait pas un bon échange si les Blancs n'avaient pas roqué, mais contre la position roquée l'attaque est une défense.

10.Nxf7 hxg3 11.Nxd8 Bg4 12.Nf7 Rxh2 ! 13.Qd2 Nd4 14.Nc3 Nf3+ 15.gxf3 Bxf3 16.Qh6 Rg2+ 17.Kh1 Rxf2 18.Kg1 Rg2+ 19.Kh1 Rg1#.

3. Le joueur ne roque pas tout de suite car, bien qu'il soit capable de roquer d'un côté, il souhaite en fait roquer de l'autre côté et doit faire d'autres préparatifs.

Alternativement, il attend que son adversaire roque et ne décide qu'ensuite de quel côté il va roquer. S'il vise une attaque, il peut décider de fortifier le côté opposé à celui de son adversaire. S'il vise à prévenir une attaque, il est plus probable qu'il roque du même côté que son adversaire.

Il existe de nombreux exemples dans les jeux des maîtres de ce type de pause avant le roque. On suppose bien sûr que cette pause ne comporte aucun danger. Dans les positions ouvertes, de tels dangers sont plus fréquents que dans les positions fermées.

Voici un exemple de pause avant le roque :

C'est le coup des Blancs, et il peut, s'il le souhaite, roquer court immédiatement. Mais il calcule comme suit : après 1.0-0 les Noirs joueront ...0-0, et alors comment puis-je l'attaquer ? Les pièces seules ne peuvent rien faire dans cette position bloquée. H3 et g4 doivent encore être joués et doivent être préparés par Qd2. Mais entre-temps, les Noirs consolideront leur position sur l'aile des rois au moyen de g6 et Rf8-f7-g7, après quoi l'attaque aura perdu sa puissance.

Il n'y a aucun doute que pour une attaque basée sur g4, le roi des Blancs n'est pas bien placé en g1, et il est préférable pour cela de roquer sur l'aile reine et de déployer ensuite les tours sur les colonnes g et h. Cependant, si les Blancs choisissent 1.Qd2 et ensuite 2.0-0-0, les Noirs peuvent jouer 2...0-0-0, où l'attaque avec g4 ne s'applique plus. Les Blancs devront jouer hâtivement b4, auquel cas ils verront rapidement que leur roi est mal placé sur c1. Par conséquent, ils doivent reporter le roque et attendre.

Les Blancs jouent donc 1.Qe2 et si 1...0-0 alors 2.0-0-0, tandis que si 1...0-0-0, alors 2.0-0. Ils roquent du côté opposé aux Noirs afin d'obtenir le maximum de liberté pour mener leur attaque.

4. Le roque peut être reporté, voire abandonné pour toujours, dans certaines positions où le centre est bloqué en permanence.

La raison pour laquelle le roque peut être reporté dans de telles positions est, bien sûr, que les pions forment une obstruction au centre et rendent ainsi impossible l'ouverture des colonnes et diagonales centrales sans sacrifices douloureux.

Lorsque le centre est bloqué, les rois sont également plus en sécurité au milieu, du moins pendant un certain temps. Le cours logique de l'attaque dans de tels cas tend à être sur les flancs non bloqués, et il y a des moments où le roi est plus exposé en étant dans une position casquée sur l'aile qu'au milieu, où il est protégé par les pions bloqués.

Ici, si les Blancs jouent 1.Qe2, la meilleure réponse des Noirs consiste également à reporter le roque, par exemple 1...a6 ou 1...Nd8. L'ajournement du roque est faisable pour les deux camps dans cette position, et pour une raison très évidente, le blocus prononcé au centre.

Les attaques ne peuvent avoir lieu que sur les flancs et, par conséquent, les rois sont pour le moment relativement en sécurité au centre. Le jeu à partir de cette position pourrait se développer comme suit

1.Qe2 Nd8 2.h3 Nf7 3.Qd2 0-0-0

Il est moins dangereux pour les Noirs de roquer sur l'aile reine maintenant. Si les Blancs jouent 4.0-0, les Noirs répondent 4...Rdg8, menaçant ...g5, tandis qu'après 4.0-0-0 le danger d'une attaque sur le flanc disparaît et les Noirs peuvent se détendre.

Dans ce cas, l'escarmouche préliminaire s'est en fait terminée par le roque, mais il existe des positions bloquées où le roque n'a pas lieu du tout et où les rois restent en permanence au milieu. Même dans la position ci-dessus, les Blancs ont l'alternative de ne pas roquer et de coordonner leurs tours par Kf2. Plus tard, il peut même amener son roi en e3.

5- Le roque n'est pas nécessaire, car la fin de partie n'est déjà pas loin, dans ce cas le roi est bien placé au milieu de l'échiquier.

Ces cas ne sont pas rares non plus dans les échecs de maître. Dans cette position, le roi blanc perd le droit de roquer suite à l'échange des dames.

La manœuvre libératrice de Capablanca dans la Défense Orthodoxe au Gambit de la Dame.

10.Bxe7 Qxe7 11.Ne4 Qb4+ 12.Qd2 Qxd2+ 13.Kxd2.

Cette variante a été jouée dans un certain nombre de parties du championnat du monde d'échecs de 1927 entre Capablanca et Alekhine. Les Blancs ne se soucient pas du roque, car la position s'approche d'une finale et le roi est assez sûr au milieu de l'échiquier.